Prochaine partie le 31/05/2008.
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Prochaine partie le 31/05/2008.
Alchimie (n.f.) : Ensemble de sciences et techniques permettant la capture de spiriti vivi ou inanimæ (“esprits vivants ou inanimés”) dans des cristaux et l’application de ces spiriti inanimæ piégés pour modifier les propriétés de matériaux ou d’êtres vivants. Lorsque les esprits capturés sont dotés d’âme ou de souffle vital, on parle de Nécromancie.
(Ce qui suit est extrait de Introduction à l’Alchimie, par le professeur Lahitolle, publié en février 1904, sur un iImprimatur daté de décembre 1903.)
L’Alchimie est un art ancien, qui après avoir connu une heure de gloire au XIVème siècle dans le monde musulman avec les travaux d’Abu Zayd ‘Abd ar-Rahmān Ibn Muhammad Ibn Khālid al-Hadramī, a été progressivement oublié et classé au rang des superstitions, jusqu’aux découvertes de Hermann Ludwig von Helmholtz et de George Gabriel Stokes et à leur publication conjointe des Fundamentæ Alchimicæ, en 1864. Ces travaux fondateurs — ou re-fondateurs, si l’on en croit les relectures récentes des œuvres de Leonard de Vinci et de Sir Isaac Newton — d’axiomatisation et de systématisation de la pratique alchimique on permis à cet art de quitter l’obscurité et de s’établir au rang de science fondamentale et capitale. De nos jours, l’Alchimie compte plusieurs milliers de pratiquants au monde (environ 200 Maîtres en France et autant de Docteurs) et permet la construction d’aéroplanes et de moyens de transport, d’outils de précision, d’instruments de conservation ou d’expertise, ainsi bien entendu que le processus de Synthèse, qui a donné naissance à plusieurs Anges et un nombre incalculable de Chimères.
Le processus alchimique suit un schéma simple, qui tourne autour de quatre artéfacts : un cristal d’esprit, un rituel d’invocation, un rituel d’apposition et une pile voltaïque. Le rituel d’invocation — qui, contrairement à ce que son nom peut laisser supposer, est bien un objet — sert, à l’aide d’une pile voltaïque, à capturer un esprit dans un cristal alchimique. Ainsi, un alchimiste tendra à chercher un esprit élémentaire d’air pour propulser un aéroplane ou améliorer sa stabilité, un esprit élémentaire de feu pour entretenir un moteur ou un esprit angélique pour donner naissance à un Ange. Une fois rempli, le cristal peut être transféré vers son rituel d’apposition — qui est lui aussi un objet — de manière à donner les propriétés voulues au matériau ou à l’être vivant pour lequel a été conçu le rituel d’apposition.
La tâche la plus simple de l’Alchimiste est la création de la pile voltaïque (dite aussi simplement “pile” ou, improprement, “batterie”) — tâche généralement confiée à un apprenti ou à un assistant. Cette pile voltaïque contient naturellement une parcelle infime d’esprit élémentaire d’électricité, parcelle qui sera suffisante pour permettre au rituel d’invocation de suivre son cours.
Autre tâche relativement simple, la création du cristal d’esprit (on rencontre aussi les termes “cristal alchimique”, “verre alchimique” ou, improprement, “pierres d’âmes” ou “gemmes”), est souvent confiée à un assistant ou à un artisan : le cristal d’esprit est un fragment de verre taillé, dont le diamètre varie entre 10 cm (pour les plus faibles) et quelques millimètres (pour les plus puissants), et dans lequel quelques impuretés soigneusement choisies ont été insérées.
La création et l’application du rituel d’invocation (on parle aussi de “circuit d’invocation”, “circuit de capture” ou “piège” ou encore, improprement, “pentacle”) est bien plus complexe. Le rituel d’invocation prend la forme d’un entrelas de tracés, généralement sous la forme de fils ou de sillons de cuivre, parfois accompagnés de rituels d’apposition ajoutés pour stabiliser l’ensemble ou rendre le circuit plus résistant, le tout disposé sur un matériau approprié. Chaque circuit doit être conçu spécifiquement pour un type d’esprit, pour un niveau d’esprit et pour une condition d’application, ce qui implique fréquemment d’employer des circuits différents selon le lieu et la saison auxquels le piège va servir.
Un piège simple mesurera typiquement quelques dizaines de centimètres de côté mais des pièges conçus pour des circonstances particulières peuvent prendre une taille quelconque. De même l’objectif, la conception et l’assemblage d’un piège peut prendre de quelques heures à des années entières — pensons à la Tour Eiffel, le plus puissant piège à esprits élémentaires d’électricité au monde, dont la construction a duré plus de deux ans.
Une fois terminé et branché à une pile, le rituel doit être positionné soigneusement, en fonction des flux spirituels du lieu, puis laissé en position pendant une durée qui varie de quelques minutes à quelques heures. Si tout s’est correctement passé, le cristal alchimique est alors chargé. Le lieu de chargement ne peut généralement pas être réutilisé avant une durée qui varie de plusieurs heures (pour un esprit de bas niveau) à plusieurs années (pour les esprits les plus élevés).
Ajoutons que, à ce stade, les accidents sont assez fréquents, et peuvent entraîner la perte du verre alchimique, la perte du circuit (presque inévitable face à des esprits de haut niveau), voire la libération complète d’un esprit mal capturé, avec des effets généralement catastrophiques.
La dernière partie de l’art alchimique est un peu moins dangereuse mais aussi bien plus complexe, et n’est souvent à la portée que des seuls maîtres ou docteurs. Il s’agit de la création et de l’application du rituel d’apposition (on parle aussi de “circuit d’apposition”, de “circuit d’effets” ou, improprement, de “glyphe” ou d’”incarnation”).
Grossièrement, le rituel d’apposition ressemble au rituel d’invocation, puisqu’ils partagent une structure similaire de tracés entrelacés de cuivre. La différence principale, outre l’absence de pile voltaïque et la position distincte du cristal alchimique, est la forte connexion entre le rituel d’apposition et l’objet de l’apposition, matériel ou créature. Cette connexion prend la forme de soudures dans des alliages souvent conçus pour l’occasion ou de greffons parfois infiniment complexes — songeons un instant aux souffrances qu’à du subir le Capitaine de Juranville avant de devenir l’incarnation de l’Archange Saint-Michel. La construction et l’application de l’ensemble prend quelques jours, dans le meilleur des cas, mais plus fréquemment des mois, des années, voire des décennies.
À ce stade, les accidents sont plus rares mais peuvent avoir des effets essentiellement similaires à ceux du stade précédent.
À ce jour, s’il semble probable que la construction de piles voltaïques pourra à terme être industrialisée, et si cela est aussi imaginable pour la construction de cristaux alchimiques, la construction et l’application de rituels reste hors de portée de tous sauf les maîtres.
L’Alchimie occidentale regroupe les esprits en trois cercles (on parle aussi de “royaumes”) : matériel, spirituel et nécromantique.
Le cercle matériel rassemble les esprits élémentaires (ou “spiriti inanimæ elementi” ou encore “élémentaires” ou, improprement, “esprits matériels” ou “esprits naturels”) et se divise en sept éléments (ou “domaines”) : les quatre éléments aristotéliciens (terre, air, eau, feu) et les trois éléments industriels (métal, froid, électricité).
Les traités classent les esprits élémentaires en 6 niveaux de puissance (on parle aussi de “puissances”, d’”anneaux” ou, avec un sens légèrement différent, de “raretés”). Le niveau 0 rassemble des esprits communs et peu impressionnants, capables par exemple de provoquer quelques étincelles ou de garder une boisson au froid pendant quelques heures. À l’inverse, les esprits de niveau 5 sont bien plus dangereux : citons l’hypothétique esprit du Vésuve, théoriquement capable de détruire une ville
Notons à ce propos qu’il existe des cristaux alchimiques naturels dans le cercle matériel, généralement trop faibles pour être réellement utilisables. On recense aussi quelques cas exceptionnels de cristaux alchimiques naturels s’étant chargés naturellement, sans l’intervention d’un circuit d’invocation.
L’Alchimie matérielle est, de loin, la plus fréquente, et ne nécessite dans l’Occident Chrétien pas d’autorisation autre que celle délivrée par les Inquisitions aux Maîtres et Docteurs en Alchimies. Malgré son coût, on rencontre ses applications dans les moteurs ou la charpente de quelques aéroplanes, dans l’architecture d’édifices publics ou bancaires, dans l’équipement de survie d’explorateurs et de missionnaires (sous la forme, par exemple, d’approvisionnements perpétuels d’eau), dans la conservation industrielle d’aliments par le froid, mais aussi dans la synthèse de Chimères (citons les salamandres mascottes d’Oxford, faites de lézards et de feu) etc.
Le cercle spirituel est celui des Esprits Angéliques. Contrairement à l’imagerie populaire et artistique, l’état habituel d’un Anges est celui d’un esprit pur, qui dans le domaine de l’Alchimie ne peuvent prendre une apparence physique que par invocation et apposition sur un objet ou une créature. À l’inverse des élémentaires, les Anges sont dotés d’une conscience, d’une intelligence, d’une volonté et d’une personnalité — qui toutes peuvent se transmettre, entièrement ou en partie, à l’objet ou à la créature modifiée.
L’Occident Chrétien classe les Anges connus en trois Chœurs : Michaelites (“Anges des Mortels” ou “Anges de la Mort”, selon les interprétations et les traditions), Gabrielites (“Anges du Pouvoir”, “Anges de la Création” ou “Anges des Mystères”, selon les interprétations et les traditions) et Raphaelites (“Anges Guérisseurs”, “Anges de l’Invisible”, ou “Anges de l’Espoir” selon les interprétation et les traditions). La Sainte Bible nomme quatre autre Chœurs que nul chercheur n’est arrivé à contacter à ce jour. Chaque Chœur se divise à son tour en 7 Cieux (ou “Perfections”) contenant chacun exactement 1093 Esprits Angéliques, des 729 anges gardiens (d’une puissance comparable à un être humain) à l’Archange (d’une puissance supposée permettre la destruction de Sodome et Gomorrhe ou les Plaies d’Égypte). Précisons que nombre de chercheurs chrétiens conjecturent l’existence de 6 Enfers et de Chœurs Démoniaques en nombre inconnu.
L’Occident Musulman diffère dans son axiomatisation des Anges et les classe selon laquelle des 8 Portes du Paradis devant laquelle ils montent la garde. À l’heure actuelle, les Anges de la Porte des Nourriture Terrestres seraient contactables, ainsi que les Anges des deux Portes du Jugement. De même, les Anges de chaque Porte seraient répartis en cent Degrés, de quelques Anges mineurs à un Archange. Dans le monde musulman, l’hypothèse de Démons est exclue mais de fréquents divisent la communauté alchimique à propos des Djinns, de la possibilité de les invoquer et de la nature nécromantique d’un tel acte.
Précisons qu’un fort contrôle est exercé par les Inquisitions, tant chrétiennes que musulmanes, sur toutes les tentatives d’invocation et d’apposition spirituelles, contrôle renforcé par le secret auquel sont tenus les alchimistes qui mènent à bien ce processus de synthèse. Enfin, toute recherche appliquée dans le dernier domaine des Démons ou des Djinns est bien entendu strictement interdite par les Inquisitions.
Pour information, le Royaume de France compte 5 Anges dont l’existence est publique, à commencer par l’Archange Saint-Michel, connu aussi sous le nom de Monsieur de Juranville, Capitaine des Mousquetaires de Sa Majesté.
Le dernier cercle, dit nécromantique, rassemble les esprits des plantes, des animaux et les âmes des êtres humains, regroupés sous le terme d’esprits du vivant (ou “esprits morts” ou encore “esprits nécromantiques”).
Si ce cercle est strictement interdit en Occident, les bases de son axiomatisation, telles qu’elles apparaissent dans Fundamentæ Alchemicæ, sont disponible dans les bibliothèques des facultés d’alchimie. Les esprits nécromantiques se divisent ainsi entre les trois règnes végétal, animal et humain. Les recherches de Helmotz et Stockes décomposent ces trois règnes en niveaux de puissance comparables à ceux des élémentaires. Ramenés sur une même échelle, le règne humain occupe les niveaux 0 à 3, alors que les deux autres règnes atteignent le niveau 4. Cette axiomatisation surprenante, qui place l’animal au-dessus de l’humain, est mise en doute par de nombreux maîtres alchimistes et par les autorités religieuses.
Peu d’informations, par contre, sont disponibles sur les protocoles de ce cercle. On croit savoir que les nécromants sacrifient leurs victimes, profanent des sépultures ou saccagent des plantations pour invoquer des esprits. On croit savoir que les esprits en question peuvent être apposés à des objets aussi bien qu’à des êtres vivants.
Notons que le cercle nécromantique, aujourd’hui violemment interdit dans tout l’Occident, a brièvement été autorisé en Grande-Bretagne, durant la Guerre Civile, sur les terres contrôlées par le Parti du Sénat. Durant ces quelques mois, la nécromancie a servi à construire des armes mais aussi, occasionnellement, à soigner les troupes du Sénat. Aucune information n’est disponible sur les effets à long terme de ces armes ou de ces soins.